Le shoesing idéal de la femme enceinte

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Comment se chausser quand on est un baleineau ? Question éthologique suprême.

Les contraintes sont nombreuses : pas de talons hauts (ou alors il faut vraiment avoir un mental d’acier), pas de chaussants étroits, pas trop de zips ou de boucles pour les enfiler (arrive un moment où on ne peut guère plus attraper ses pieds), et pas de chevilles compressées (parfois on ne les voit même plus!), bref que du bonheur.

Le tout, avec le désir légitime  de rester une jolie femme, désirable itou. Et ne pas se sentir QUE une mum-to-be.

Pour celles qui découvrent le blog aujourd’hui, j’ai eu mon troisième enfant l’année dernière, au mois de novembre. J’ai donc traversé les saisons avec mon ballon.

L’idée n’est pas d’acheter des chaussures exprès pour cette grossesse mais des souliers bien adaptés que vous garderez ensuite avec plaisir.

Pour ne pas tricher, j’ai attendu le troisième trimestre de ma grossesse pour faire les photos. Voyez comme je donne mon corps à la science des shoes. En tant que Docteur, c’est la moindre des choses. (hein)

Sur cette photo, prise dans le décor du défilé Chanel, je porte des derbies à petits talons carrés Eugène Riconneaus pour Minelli.

Car je conseille d’éviter les chaussures trop plates.

Déjà en temps normal, ce n’est pas bon pour le dos, alors là que le bébé pèse… Dressez-vous sur une petite cambrure de 3/4 cm qui est anatomiquement la meilleure. Sur des talons carrés ou une semelle compensée de préférence car un talon fin vous oblige à contrôler votre équilibre et engendre des douleurs dans les os du pied, et des tensions dans le ventre ou le dos.

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S’offrir une paire de sneakers un peu classe.

Avec un gros bidon, chaque sortie peut sembler une montagne (enfin c’est nous la montagne, faut reconnaître). Facilitons-nous la vie! Profitez de la tendance actuelle des sneakers travaillées comme des chaussures en cuir: des patchs, des fleurs, des broderies, des couleurs. Vous pourrez aller travailler et cavaler (un peu) sans que tout le monde ait l’impression que vous approchez de la mèmèr-agé-ïte-aigüe.

Celles que je porte font partie d’un dé-neuronnage pré-partum intense puisque ce sont des Gucci-oh-my-god. Dans mon métier je suis régulièrement en représentation, elles sont devenues mes plus fidèles alliées. Un merveilleux moyen de distraire l’oeil pointu de mes congénères fashion.

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Une bonne paire de bottines.

N’hésitez franchement pas à vous payer une paire de bottines qui envoie du bois. Plus la grossesse avance, moins on peut être stylée, seule la chaussure reste!

Optez pour un modèle dont le chaussant est large mais la cheville un peu plus fine, histoire de dessiner la silhouette.

Ici, ce sont des Toga Pulla (une marque japonaise chébran) mais on trouve le même genre chez Sarenza.

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Quand la belle saison revient, qu’il est dangereux de porter des chaussures en cuir pied-nus (sauf à vouloir les garder 24h sur 24h jusqu’à l’accouchement)(pardon si vous avez visualisé), l’idée de porter des espadrilles est enthousiasmante. Avé le petit talon of course. Et sans bride qui saucissonne. Le modèle mythique de Castaner, les Carina, en hauteur 6 cm, ont tous les mérites du monde : le chaussant en tissu est souple, la hauteur est gentille tout en étant stable, les lacets permettent de les ajuster tout au long de la journée (au fur et à mesure que la saucisse s’échauffe).

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Si vous souhaitez vraiment porter des sandales à brides pour une cérémonie par exemple, ou juste pour être élégante (j’ai vraiment la gueule enfarinée sur cette photo)(c’était un épisode de canicule en septembre qui m’a tuée!), je vous recommande d’aller faire un tour chez Charles Kammer. Le chaussant est très confortable et cette marque n’a pas cédé aux sirènes des hauteurs ou des prix vertigineux. On y trouve de beaux classiques, de ceux qu’on garde longtemps. (même quand on n’est pas enceinte d’ailleurs!)

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Mon best de best de best de l’été, que je sois en goguette parisienne, au boulot, en tournage, en vacances, à la plage, en balade (bref vous avez compris), ce sont les sandales compensées Malabar de Flamingos.  Ici, je suis (bien enceinte si si) dans les rues brûlantes de Minorque, et j’ai la gambette longue et légère grâce à leur semelle esprit socque. Amour.

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On a toujours une occasion un peu habillée qui traîne alors que les stilettos dans le placard ont laissé la place au polichinelle. Comment être à l’aise (je n’ai pas envie de penser à des pieds douloureux toute la soirée) tout en étant chic ? Avec des ballerines plates ultra rigolotes! Celles-ci sont des vieilles Louboutin, mais vous en trouverez des ersatz chez Inès Olympe Mercadal. Ceeeertes, c’est plat, mais c’est juste pour danser 5 min et rester assise toute la soirée!

À vot’ service mes lectrices-baleineaux ! Mouah !

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Et je ne peux pas m’empêcher de m’extasier entre le dedans et le dehors, entre il y a quelques mois et maintenant. Garance a bientôt 9 mois (c’est le temps qu’il m’a fallu pour accoucher de ce post bon sang de bonsoir!) et nous voici toutes dents et langue dehors (la photo est de Mai).



Le logo plus gogo que jamais.

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Cara Delevingne pour Puma, zieutez les lacets!

Vous vous rappelez les « no logo » revanchards des années 2000 ?

Bam.

Enterrés par le retour aux années 90. Quand le passé dans le futur met sa claque à la génération suivante par l’intermédiaire du temps qui passe. On appelle ça comment ? Le doigt d’honneur du temps. La roue qui tourne. Le « wait and see, on verra qui gagne ».

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La toile imaginée par Marc Bohan dans les années 70 a été relancée en grande pompe par la nouvelle directrice artistique de Dior, Maria Grazia Chiuri.

Parce que le no logo n’a pas de soucis à se faire, son re-re-retour viendra. Mais pour le moment, la tendance de l’hiver 17 est au déploiement du logo.

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La moquette au défilé Balenciaga FW17, et les sacs de la même collection, Balenciaga everywhere!

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Le logo dessiné par Cassandre orne les talons chez Saint Laurent.

Pour expliquer l’enchaînement qui nous a mené à cette alignement de Puma sur les lacets de ces sneakers Puma, à tous ces D, ces I, ces O, et ces R sur ce sac Dior, ces sacs XXL imprimés de l’étiquette Balenciaga, de ce talon YSL, j’en passe et des meilleurs, il faut se pencher sur les années 90, de retour sur la scène certes, mais aussi à ceux qui sont dedans et un peu après les Millenials. Ces djeuns (moi je suis dans le trou entre les millenials et la génération X, j’ai le chic d’être rien) qui apprenent la vie à coups de personal branding et de likez-moi-je-le-vaux-bien.

On le doit aussi à une industrie de la mode en légère perte de vitesse (les achats de vêtements baissent chaque année) et donc au repli identitaire. On est à l’heure de la revendication visuelle. Because, comme pour le Port-Salut, il n’y a pas plus clair que quand c’est écrit dessus.

J’assène en hurlant qui je suis et ceux qui m’achètent assènent en hurlant ce à quoi ils accèdent.

Certains diront que non attends, c’est fait avec subtilité. C’est genre « streetart », dans l’esprit du graff. Pourquoi pas, cette explication est tellement coolisante (il suffit de dire street culture pour se sentir cool) qu’elle en vaut bien une autre.

Au final, il est toujours amusant de lire la définition de « logos » (avec un s) au sens grec du terme : dans la philosophie platonicienne, le logos est considéré comme la raison du monde, comme contenant en soi les idées éternelles, archétypes de toutes choses.

Et si on pense à cette folie mondialisée de la consommation, à ce désir fou de vouloir être quelqu’un de spécial en affichant des logos très chers sur notre corps, l’ironie de cette homonymie donne à méditer.


 
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